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25 octobre 2016

Hervé GIRAUD, Histoire du garçon qui courait après son chien qui courait après sa balle

Histoire du garçon qui courait après son chien qui courait après sa balle.jpg

Thierry Magnier, 10,50€

Sans un dalmatien…

Ce garçon court après son chien qui court après sa balle pour l’équilibre de son univers car, depuis que son chien a disparu (il a suivi sa balle), rien ne va plus.

Jusque-là son univers était composé de sa sœur, Cali (son contraire et pourtant son double), de son dalmatien, donc, et de leur hamac.

Même son père météorologue n’avait pas prévu tout ça.

En courant après son chien, le garçon va grandir vite, trop vite, grâce à cette sœur dont « on dit qu’elle est volontaire, méthodique, organisée » alors que de lui, « on ne dit rien, on soupire. »

Sur un sujet délicat, Hervé Giraud écrit une histoire touchante, drôle et poétique, très poétique.

15:44 Publié dans Jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0)

Jean-Claude Lalumière, Le Front russe

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LGF/Livre de Poche, 6,10€

UNE SATIRE DÉSOPILANTE et PATHÉTIQUE PLEINE D'IRONIE

« Toute vie est bien entendu un processus de démolition » lançait Fitzgerald au début de La Fêlure.

Voilà ce que peint J.C. Lalumière à travers les mésaventures de son héros qu'on pourrait lire comme les confessions de celui qui se demande : « Comment j'ai pu en arriver là ? ».

Plein de rêves, un novice débarque à Paris et dans le monde du travail et ira de gaffes en échecs.

Avec un grand sens du BURLESQUE et beaucoup humour, J.C. Lalumière raconte cette épopée désopilante et pathétique, donc, dans l'univers kafkaïen de l'Administration Française (l'enlèvement d'un pigeon mort sur une fenêtre, un discours à photocopier, un debrief de voyage, une simple réunion...).

En effet, il raconte l'arrivée de cet antihéros (le genre qui reçoit toujours un 11/20 « ce qui correspond à la note attribuée au candidat dont le jury pense qu'il pourra convenir s'il n'en vient pas de meilleur avant la fin des épreuves », « à la frontière de l'échec ») dans une annexe du Ministère des Affaires étrangères et ce, en décrivant les vagues de fond qui déterminent ses choix et ces « grains de sable » qui l'empêcheront de transformer sa vie en destin.

Ce récit plein de nostalgie (où les souvenirs apparaissent comme des bagages trop encombrants), très drôle et qui demande si « l'histoire d'une vie, c'est toujours l'histoire d'un échec » mesure l'écart entre les aspirations d'un doux rêveur (peuplées de voyages et de stabilité) et la réalité (telle cette vue dégagée sur les toits qui lui « évoque douloureusement la perspective prometteuse qui [lui] fut un temps ouverte »).

Hugues

Extrait p. 27 :

« L'hydre à deux têtes, l'une qui souriait [le père], l'autre qui pleurait [la mère], m'apparaissait soudain bien inoffensive. J'ignorais que la distance n'empêcherait en rien son ingérence. Le grain de sable était déjà dans le mécanisme que j'avais patiemment assemblé durant des années, depuis l'instant où la vie dont je rêvais avais pris forme dans mon imagination enfantine jusqu'au bouclage de ma valise la veille de mon départ. »

p. 60 : A propos du chef du bureau des pays en voie de création/section Europe de l'Est et Sibérie

« Le bateau n'était pas sans capitaine à bord, ce qui eût été plus facile, mais naviguait avec un capitaine qui mettait le cap sur les récifs tandis que l'équipage manœuvrait discrètement pour les éviter. »

18 octobre 2016

Rencontre avec Hervé MAGNIN

Bonjour,

Nous avons du monde à la soirée organisée avec Hervé Magnin et le concours des Amis de la Terre. Merci à toutes et tous !

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Au plaisir de vous revoir le mois prochain par exemple avec Jean-Claude Lalumière...

A bientôt !

 

L'équipe des Danaïdes

13 octobre 2016

Courtney Maum, Je suis si bien ici sans toi

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Rue Fromentin, 22€

IL N’Y A PAS D’AMOUR HEUREUX… Vraiment ?

Immédiatement, on pense au poème d’Aragon martelant qu’il n’y a pas d’amour heureux.

« Rien n’est jamais acquis à l’homme Ni sa force / Ni sa faiblesse ni son cœur Et quand il croit / Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix » semble rappeler Courtney MAUM à travers des personnages incarnés auxquels on s’attache très vite.

Peintre qui commence à avoir du succès, vivant avec son amour de jeunesse (devenue avocate) et leur fille de 5 ans dans un Paris cossu, Richard, le narrateur, a tout pour être heureux et c’est peut-être bien ça le problème !

Les coulures sur les lettres colorées de la couverture annoncent une triste réalité : celle d’un couple dont la complicité s’est dissoute dans le quotidien, celle d’un homme qui a transformé l’or en plomb.

Avec une écriture pleine d’énergie, ironique et tendre, l’auteur questionne notre époque en disséquant l’intimité de ce trentenaire qui cherche à rétablir (établir ?) un équilibre perdu ou, du moins, conforme à ses rêves, ces possibles, qu’il oserait enfin investir.

Un magnifique portrait de sa femme se dessine alors en creux dans ce moment de vérité qu’ils vivent.

Des flash-backs, les épreuves endurées, la politique internationale ( !) et le solide couple que forment ses parents emmènent le narrateur (et le lecteur) aux mêmes conclusions qu’Aragon…

« Ce qu’il faut de regrets pour payer un frisson »

Hugues

 

Jean-Claude Mourlevat, Anne-Laure Bondoux, Et je danse aussi

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Pocket, 6,95€

« Et je danse aussi » est un roman épistolaire 2.0 à l'heure d'Internet. Un formidable roman.

Le lecteur découvre au fil des pages la correspondance électronique d'un écrivain qui n'écrit plus (et surtout pas aux fans trop pressantes) et une fan trop pressante qui lui a envoyé une grosse enveloppe intrigante.

Il commence par lui écrire qu'il ne lui écrira pas et ils finissent par s'écrire comme on se soigne, comme on soigne.

Rapidement, on tourne les pages comme on ouvre des mails tant attendus, avec la même urgence qu'ils ont à s'écrire. Le roman semble alors se faire sous nos yeux dans un jeu de question-réponse où tant de questions restent sans réponses (« les poussins égarés ») par oubli ou parce qu'ils ne sont pas prêts.

On découvre tous les personnages par effraction à travers leurs mails mais on voit surtout la complicité se tisser, la suspicion et la peur s'évaporer et le vent reprendre ses tours.

On se passionne pour cet homme et cette femme blessés, « pétrifiés », deux personnages VIVANTS qui parlent de nous en nous parlons d'eux, pour les majuscules pleines de vie, pour les parenthèses, les points de suspension, tous ces poussins perdus qu'on ne rattrapera jamais, pour les histoires surtout et la manière dont on les raconte.

Drôle et émouvant. Un régal.

Hugues

 

12 octobre 2016

Jean-Claude Lalumière, Ce Mexicain qui venait du Japon et me parlait de l'Auvergne

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Arthaud, 17€

VOYAGE EN DRÔLERIE

Le héros, Benjamin Lechevalier, n'aurait peut-être pas dû répondre à cette petite annonce pour devenir « Chargé de l'accroissement du rayonnement extérieur de la Cité de l'Air du Temps » afin d'engager le pays sur les rails de la Modernité. Mais heureusement pour le lecteur, il l'a fait !

Toujours avec les mêmes ingrédients que dans ses trois premiers romans, multipliant les quiproquos, Jean-Claude LALUMIERE transforme les travers de notre société en sourires grâce à un humour tendre et mordant.

Il croque (mord) ici le monde du tourisme comme dans son 2ème roman (après l'administration et le monde de l'art) et signe une satire en jouant (il joue beaucoup avec ses personnages qu'il ne ménage pas) sur le décalage entre les attentes de son héros qui rêvait de « partir vers l'inconnu et de se laisser surprendre » et la réalité.

De transports en commun en transports amoureux, le narrateur vit, comme à chaque fois avec LALUMIERE, ses premières expériences dans le monde du travail comme « un échec, une sanction, un transfert sur le Front russe » (titre de son 1er excellent roman).

JAMAIS DANS LA DÉPLORATION ET TOUJOURS RÉJOUISSANT.

EMBARQUEZ IMMÉDIATEMENT !

Tendre et mordant. Tordant.

 Hugues

 

L'AUTEUR SERA A LA LIBRAIRIE JEUDI 3 NOVEMBRE A 18H !

11 octobre 2016

La rage, Zygmunt MILOSZEWSKI, Fleuve Noir

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Grand format à 21,90 €

Au delà de nous transporter dans son pays (la Pologne) et dans le quotidien méconnu des procureurs, Zygmunt Miloszewski nous transmet la rage de tous ces crimes méconnus, ignorés, banalisés, tus... de la violence domestique et du harcèlement.

" Vous voulez prévenir la violence ? Ne faites rien de mal ".

Bénédicte

07 octobre 2016

Opération Napoléon, Arnaldur INDRIDASON

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8.10 € - Points

Si le commissaire habituel n’est pas là, la relève est assurée par une jeune avocate au tempérament bien trempé. L’histoire est bien trouvée, mêlant secrets d’histoire et espionnage sans vergogne… Et les américains en prennent pour leur grade ! Le suspens est au rdv et le roman est une vraie réussite !

Romain

06 octobre 2016

Le gang de la clef à molette, Edward ABBEY

 

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12€, Gallmeister

Dans la catégorie excellent roman noir. Drôle, sympathique et plein d'humour. Une bande d'écolos s'attaque aux ouvrages d'art et aux bulldozers dans l'Ouest américain... Et pour ne rien gâcher, Edward ABBEY et ses descriptions fabuleuses aux manettes. Atmosphères inoubliables. Un bijou !

Romain

05 octobre 2016

Leïla Slimani, Une chanson douce

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Gallimard, 18€

UNE EXPÉRIENCE DE LECTURE SOUS TENSION PASSIONNANTE

Le lecteur commence cette Chanson douce sans se méfier et c'est un uppercut qui l'accueille dès les premières lignes : deux enfants sont assassinés par leur nounou.

Et pourtant, impossible, dès lors, de lâcher la description des relations d'abord parfaites entre Louise qui semble sortie d'un conte de fées et ses employeurs, deux « bobos » en pleine réussite qui lui abandonnent de plus en plus de tâches. « Ils réagissent comme des enfants gâtés, des chats domestiques » sacrifiant leur liberté à leur confort.

Un début aussi tragique rend toute la suite indispensable, passionnante. On traque alors, impuissant, la boule au ventre, les signes annonciateurs du déraillement grâce aux informations distillées çà et là.

On découvre des relations perverses, "habitées de pensées accusatrices puis de culpabilité", où chacun profite de l'autre, où chacun dépend de l'autre.

Sadisme, hypocrisie, espoirs déçus et non-dits servent de toile de fond à ce conte cruel qui propose une critique froide et violente d'une société froide et violente.

UN THRILLER DOMESTIQUE GLAÇANT ET EXCEPTIONNEL

Hugues