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14 octobre 2017

La Forteresse impossible, Jason Rekulak

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22.80 € - Actes Sud

Du temps où PlayBoy était le summum du porno, trois adolescents en quête de sensations fortes vont élaborer un scénario digne d’un James Bond pour avoir entre les mains de quoi nourrir leurs premiers fantasmes sexuels. Suspense garanti.

Quand on a 14 ans en 1987 au fin du du New Jersey, on est prêt à tout pour récupérer un exemplaire du Playboy où pose en couverture LA présentatrice LA PLUS SEXY du pays… Mais internet balbutie, et la loi est respectée, ils sont mineurs. C’est le point de départ de cette tragi-comédie que l’on dévore. Ils sont trois adolescents, Billy, Alf et Clark. Billy, le narrateur s’ennuie au collège et ne vit que pour l’informatique, c’est un autodidacte de la programmation, qui a même réalisé un jeu : La Forteresse impossible. Grâce au scénario élaboré par nos 3 compères pour récupérer un exemplaire du PlayBoy, il va faire la connaissance de Mary, La fille du magasin de journaux, un petit génie de l’informatique. Il est censé la séduire, mais les choses vont se compliquer. Un beau livre sur l’adolescence, et toutes ses facettes, le regard des autres, la difficulté à trouver sa place, les premiers émois, le gouffre du désir.

Les dialogues sont vifs et drôles, l’écriture alerte, l’histoire pleine d’imprévus plus rocambolesques les uns que les autres. En refermant le livre, on a la nostalgie d’avant la toile, quand on n’avait pas accès en deux clics à YouPorn, l’aventure pouvait être totale...

Marion

article paru dans le numéro de Page d'automne 2017

07 octobre 2017

Les trains de retard d'Amazon...

Ce communiqué est rédigé par le SLF, Syndicat de la Librairie Française.

 

Destruction d'emplois, évasion fiscale, exploitation sociale, le vrai prix de l'expansion d'Amazon

Publié le 06/10/2017 par La Rédaction
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Amazon a inauguré cette semaine à Boves, à proximité d'Amiens, en présence du Président de la République, son cinquième centre logistique en France. Le groupe américain a par ailleurs annoncé l'ouverture, en 2018, d'un sixième entrepôt, deux fois plus grand, en région parisienne.
 
Localement et à court terme, il s'agit d'une bonne nouvelle pour les personnes qui vont retrouver un emploi, même si la majorité des postes seront en intérim ou en CDD. Néanmoins, il est urgent de répondre à la fascination que peut provoquer Amazon en rappelant le prix de son expansion et ses effets présents et à venir sur l'économie, la culture ainsi que sur nos territoires et notre manière de vivre ensemble.
 
 
Amazon détruit plus d'emplois qu'il n'en crée
 
Le modèle d'Amazon s'appuie sur une automatisation toujours plus grande des tâches accomplies dans ses entrepôts, à tel point que la multinationale américaine a acheté, pour près d'un milliard de dollars, le fabricant de robots Kiva. 45 000 de ces robots sont aujourd'hui produits et utilisés par Amazon. Le nombre de nouveaux robots croît plus rapidement (+ 50 % en deux ans) que celui des embauches de salariés.
 
Une étude du MIT, publiée en mars 2017, montre que chaque robot introduit sur le marché du travail détruit six emplois et entraîne une baisse du salaire moyen sur le marché du travail du fait d'une demande accrue d'emplois. Sur cette base, Amazon aurait déjà détruit près de 300 000 emplois dans le monde, soit autant que le nombre de ses salariés !
 
A cela il faut ajouter les dizaines ou centaines de milliers d'emplois détruits chez les concurrents d'Amazon terrassés par sa politique de dumping financée par une capitalisation hors normes. Cette politique prédatrice ne touche pas seulement de grandes chaînes concurrentes mais également des commerçants indépendants dont la présence est essentielle à la vitalité économique et sociale des territoires et particulièrement des centres-villes que l'expansion d'Amazon contribue à désertifier.
 
 
Des conditions de travail d'un autre âge
 
Les témoignages affluent aujourd'hui sur la souffrance au travail des salariés d'Amazon[1]. Cadences exténuantes, pressions et intimidations érigées en système, surveillance, délation... La réalité du travail chez Amazon est aux antipodes de l'impératif joyeux qu'il adresse chaque jour à ses employés « Have fun » !!
 
 
Evasion fiscale et concurrence déloyale
 
Au lendemain de l'inauguration de son nouvel entrepôt, l'on apprenait qu'Amazon était condamné par la Commission européenne à verser 250 millions d'euros d'impôts impayés. Le Président de la République française a salué cette décision qui reconnaît le caractère illégal des montages financiers d'Amazon et qui va dans le sens de sa volonté de taxer les « GAFA » à la hauteur du chiffre d'affaires qu'ils réalisent dans chaque pays européen.
 
Tricher ainsi avec l'impôt, c'est réduire la capacité de la collectivité à développer les services publics et c'est également fausser la concurrence à l'égard des autres acteurs économiques.
 
 
Oui, les alternatives à Amazon existent !
 
En disant cela, les libraires indépendants se rangent-ils dans un monde ancien et crispé ? Loin s'en faut ! Ce serait oublier qu'ils représentent le premier circuit de vente de livres en France. La fréquentation et la satisfaction de leurs millions de clients est la meilleure illustration de la pertinence de leur modèle, aux antipodes de celui d'Amazon, car fondé sur la relation humaine, l'inscription dans la vie d'un quartier, d'une ville, d'une communauté, sur la hiérarchisation de l'offre et l'orientation des lecteurs parmi les centaines de milliers de livres disponibles...
 
Les libraires indépendants accompagnent également les lecteurs sur Internet. C'est ainsi qu'ils sont plus de 700 à s'être fédérés autour du site librairiesindependantes.com.  En un clic, le client connaît la disponibilité du titre qu'il recherche dans les librairies à proximité et peut le réserver et le retirer en magasin, le faire livrer à son domicile ou l'acheter en numérique.
 
Grâce à la mutualisation des stocks des 700 librairies partenaires, librairiesindependantes.com propose une offre plus vaste que celle d'Amazon, et, grâce au retrait en magasin, des délais plus courts, un coût moins élevé (absence de frais de port, réduction de 5% sur le prix des livres dans le cadre des programmes de fidélité) et un meilleur respect de l'environnement en réduisant le transport par camion.
 
Pour l'emploi, pour la défense de notre qualité de vie, de nos territoires, et pour le plaisir de flâner, de découvrir et d'échanger, le meilleur choix, c'est celui des librairies indépendantes.

06 octobre 2017

Le jour où le grand chêne est tombé, Marie CAUDRY & Gauthier DAVID

Bénédicte nous parle d'un bel album ! Merci TVnet Citoyenne.

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05 octobre 2017

Underground Railroad, Colson WHITEHEAD

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22.90 - Albin Michel

Ce récit très prenant nous plonge avec Cora dans l'enfer que vivait les populations noires à l'époque de l'esclavagisme. Ainsi lit-on les péripéties qui vont suivre son évasion de la plantation dans laquelle elle était détenue. Colson Whitehead est un écrivain contemporain et ce roman a bien sûr une portée "politique" : sur quelle base reposent les relations blancs/noirs aux EU, quelle est leur histoire ? C'est riche, intelligent, passionné, militant.

Romain

04 octobre 2017

Sangliers, Aurélien DELSAUX

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23.49 - Albin Michel

Dans un village pas bien loin d'ici existe un bar où se retrouvent régulièrement quelques individus franchement pas recommandables. Mais dans ce village il y a aussi d'autres personnes belles et profondes. Et comme dans la vraie vie, tout ce beau monde se côtoie. Une superbe langue, parfois brute, crue et violente et parfois très poétique, caressante et posée. Elle soutient un récit qui roule et prend de l'ampleur et du tragique au fil du roman. Et nous de soupirer, soutenir ou repousser ces personnages brossés dans leurs misères et leurs beautés. Donald Ray Pollock dans la campagne française...

Romain

 

RENCONTRE AVEC AURELIEN DELSAUX JEUDI 1ER FEVRIER 2018 A LA LIBRAIRIE, 18H !

02 octobre 2017

les Passeurs de livres de Daraya de Delphine Minoui

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Le Seuil, 16 €


Daraya est une ville syrienne à quelques kilomètres de Damas, mais c’est aussi un symbole de la révolution pacifique syrienne. Rappelez vous ces rassemblements de 2011, où les manifestants offraient des roses et des bouteilles d’eau aux soldats du régime de Bachar El Assad. Mais en août 2012, tout bascule. Le régime syrien souhaite éradiquer toute contestation, et prendre possession de la ville, lieu stratégique. Il justifie son action en accusant les forces rebelles d’être proche des terroristes de Daesch. En quelques jours, 200 000 habitants fuient la ville. Ne resteront que 20 0000 civils et des poignées de combattants décidés à résister coûte que coûte. En 2015, La journaliste Delphine Minoui tombe sur internet sur une photo qui l’intrigue, des combattants dans une pièce remplie d’étagère de livres : une bibliothèque sous les bombes. Elle arrive à établir le contact avec eux, qui lui racontent cette histoire incroyable de résistance, grâce aux livres, portes d’accès à La réflexion, et donc à la liberté. Pendant un an, elle va être en contact régulier avec eux via Skype, what’s ap, facebook. Impossible de se rendre sur place. Au quotidien elle recueille leur témoignage, le quotidien hallucinant d’une ville assiégée où des enfants souffrent de malnutrition à cause du blocus. Mais ils tiennent, notamment grâce à cette bibliothèque, ce lieu de sociabilité et d’accès à la connaissance, donc à l’altérité. Ils s’appellent Ahmad, Sharif, Hussam, Omar, et tous ont une histoire, un moi individuel et pensant qu’ils cultivent et renforcent par leur lecture.

Une magnifique illustration des vertus puissantes de la bibliothérapie.

Marion

29 septembre 2017

Je m'appelle Lucy Barton, d'Elisabeth Strout

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Ed Fayard, 19 €

 

Peut-on savoir qui l’on est quand la vie vous a malmené dès l’enfance et que la seule solution a été de fuir ?

Au moment où le livre commence, l’héroïne et narratrice Lucy Barton doit être au mitant de sa vie, c’est une écrivaine reconnue et elle partage sa vie avec son deuxième mari violoncelliste. Mais elle a eu une autre vie, elle s’est d’abord appelée Lucy-Barton-bordel-de- merde. Plusieurs années auparavant, elle a été hospitalisée pour une appendicite, et elle est restée 9 semaines à l’hôpital, pour des suites infectieuses qui ne seront jamais vraiment élucidées, maladie somatique ? Au cours de ces neuf semaines, sa mère, qu’elle n’a pas revue depuis des années, vient passer cinq jours et cinq nuits à son chevet. Le roman est une alternance de ces conversations entre mère et fille, et les scènes de souvenirs de son enfance. Une enfance pauvre, malheureuse, dans la crasse et la violence sourde, dans une petite ville de l’Illinois, où un vieux garage faisait office de maison, où le manque, de nourriture, de moyens, d’affection, rythmait le quotidien. La mère frappe parfois sans raison, le père, traumatisé par la guerre est peut-être même incestueux. Lucy Barton est celle qui a réussi à s’extraire de ce milieu originel. Sauvée par la lecture, elle a quitté cette famille, fait des études supérieures, s’est mariée, a eu deux filles, et habite New York. Elle n’est pas celle qui a trahi, mais celle qui s’est élevée. Rien ne sera jamais abordé frontalement dans ces discussions entre mère et fille, on frôle parfois les secrets, mais il n’y aura pas de règlement de compte frontal, juste un temps partagé d’attention et d’échange qui fera office de premier pansement : « C’est le son de la voix de ma mère dont j’avais besoin : ce qu’elle disait n’avait pas d’importance. »

Marion

article publié dans le numéro de rentrée de Pages des libraires

Jeudi des Danaïdes

Jeudi 5 octobre, 18h à la librairie. On se retrouve pour échanger sur la rentrée littéraire... Original n'est-ce pas... Tous ces livres que nous avons sortis des cartons, nous avons enfin trouvé le temps de les déballer, de les ranger, de les ouvrir, et de les lire (pas tous hein ? Et puis on a un peu triché, nous avons commencé cet été à la plage...).

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Nous présenterons donc les titres que nous avons beaucoup appréciés (ça fait déjà pas mal) ! Et c'est toujours dans le cadre des jeudis des Danaïdes, donc vous apportez à manger, nous avons à boire et on partage à la fin.

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Au plaisir !

Les Danaïdes

30 août 2017

A malin, malin et demi, Richard RUSSO

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24 € - La table ronde

Splendeur et misère de la middle class...

Le shérif de Bath est à l'image de sa ville : complexé et pas en grande forme. Il est le pivot de cette histoire qui comprend aussi une bonne galerie de personnages usés et souvent amusants ! Quelques caricatures bien senties au cœur d'une histoire serrée comme un ristretto, un peu folle et à l'ambiance délicieuse.

Romain

Les huits montagnes, Paolo COGNETTI

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Stock - 21,50 €

Une belle histoire d'amitié nous est racontée dans ce livre où le protagoniste va rencontrer un jeune homme de la montagne. Une histoire de filiation, de compréhension du monde et de soi-même. Empli de sagesse le roman déroule son fil au cœur des montagnes qui offrent un cadre majestueux à ces lignes : reposant et respirant.

Romain