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10 décembre 2016

Eric CHEVILLARD, L’Autofictif doyen de l’humanité

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Arbre Vengeur, 15€

DRÔLE D’HUMOUR

Ouvrez ce journal qu’Eric Chevillard tient tous les jours et rejoignez enfin le cercle de ses admirateurs (Pierre Jourde, Pivot, copine Sandrine, moi…).

Trois phrases (trois paragraphes tout au plus) distillées quotidiennement croquent (mordent ?) ses contemporains et lui-même.

Chaque mot semble trouver sa place exacte et ce, toujours avec humour, tantôt ironique, tantôt noir, absurde et même orthographique !

Vous ne regarderez plus les tractopelles de la même façon, ni le vélo ou les 5 ans d’un enfant.

Allez, un exemple :

"- Autant pour moi.

- Ah non, au temps pour moi."

Hugues

 

19 novembre 2016

Jean-Claude Lalumière, La Campagne de France

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Le Livre de Poche, 6,60€

L’ère de l’air du temps

Encore une charge très drôle de Jean-Claude Lalumière contre notre société amnésique qui surfe sur l’air du temps.

L’auteur décrit un voyage organisé transformé en fiasco par une bande de retraités qui n’en font qu’à leur tête et qui ont une sacrée vitalité.

Choc des générations, d’une culture élitiste et d’une plus populaire, de la France et de l’Allemagne.

La France est décrite comme « un autocar de vieux coincé au bord de la route »… Autocar qu’un des personnages a réussi à mettre dans un fossé !

Réjouissant !

Hugues

16 novembre 2016

Jean-Claude Lalumière, Comme un karatéka belge qui fait du cinéma

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Le Livre de Poche, 6,60€

Déterminisme quand tu nous tiens…

Encore un personnage de Jean-Claude Lalumière qui se demande comment il a pu en arriver là, à jouer ce rôle-là… Il a refusé son "héritage familial" mais son passé resurgit parce que "décider d'oublier, c'est se condamner au souvenir, à l'envahissement par celui-ci, jusqu'à l'obsession. De ce que nous voulons enfouir, nous bâtissons un promontoire sur lequel nous nous installons pour regarder ailleurs, fixer un point de fuite au-delà de l'horizon, où demeure l'inconnu, alors que tout est là, sous nos pieds, à l'endroit même où plongent nos racines."

Une satire sur le monde de l'art à travers le regard amer d'un héros qui ne se sent pas légitime dans sa vie.

Sa rencontre avec le célèbre «karatéka belge qui fait du cinéma», aussi cocasse soit-elle, sera décisive…

Drôle et émouvant. Une réussite qui nous rappelle avec Cioran que "nous bricolons avec l'incurable".

Hugues

15 novembre 2016

Rencontre avec Jean-Claude LALUMIERE

Merci à vous d'avoir répondu présentEs pour accueillir Jean-Claude Lalumière, pour une soirée agréable et de bons fous rires à l'entendre lire quelques extraits choisis !

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Évidemment, merci à Jean-Claude de s'être prêté à l'exercice une soirée !

La prochaine rencontre avec un auteur aura lieu jeudi 2 février avec Olivier Razemon, un journaliste qui a des choses à dire sur nos villes et leur vie !

A bientôt !

 

Les Danaïdes

11 novembre 2016

Clémentine BEAUVAIS, Les Petites reines

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Sarbacane Éditions, 15,50€

 

Vous rêvez d’écrire un livre drôle, TRÈS drôle, émouvant, TRÈS émouvant, vivifiant ?

Clémentine BEAUVAIS l’a fait !

Elue « Boudin de bronze » après avoir été deux ans de suite « Boudin d’or » de son collège, Mireille décide de revendiquer ce mot pour ne pas montrer sa peine. Elle suit un de ses conseils de sa rubrique « Trucs et astuces » de Tata Mireille : « Prends les insultes qu’on te jette et fabrique-toi des chapeaux avec. »

Ne rêvons pas, avec les deux autres lauréates, elle n’arrivera pas à rendre beau ce mot laid mais leurs mollets (les petites reines… il est question de vélo). Néanmoins, elles le rendront puissant.

RÉJOUISSANT !

Ne ratez pas non plus son nouveau roman Songe à la douceur

Hugues

25 octobre 2016

Jean-Claude Lalumière, Le Front russe

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LGF/Livre de Poche, 6,10€

UNE SATIRE DÉSOPILANTE et PATHÉTIQUE PLEINE D'IRONIE

« Toute vie est bien entendu un processus de démolition » lançait Fitzgerald au début de La Fêlure.

Voilà ce que peint J.C. Lalumière à travers les mésaventures de son héros qu'on pourrait lire comme les confessions de celui qui se demande : « Comment j'ai pu en arriver là ? ».

Plein de rêves, un novice débarque à Paris et dans le monde du travail et ira de gaffes en échecs.

Avec un grand sens du BURLESQUE et beaucoup humour, J.C. Lalumière raconte cette épopée désopilante et pathétique, donc, dans l'univers kafkaïen de l'Administration Française (l'enlèvement d'un pigeon mort sur une fenêtre, un discours à photocopier, un debrief de voyage, une simple réunion...).

En effet, il raconte l'arrivée de cet antihéros (le genre qui reçoit toujours un 11/20 « ce qui correspond à la note attribuée au candidat dont le jury pense qu'il pourra convenir s'il n'en vient pas de meilleur avant la fin des épreuves », « à la frontière de l'échec ») dans une annexe du Ministère des Affaires étrangères et ce, en décrivant les vagues de fond qui déterminent ses choix et ces « grains de sable » qui l'empêcheront de transformer sa vie en destin.

Ce récit plein de nostalgie (où les souvenirs apparaissent comme des bagages trop encombrants), très drôle et qui demande si « l'histoire d'une vie, c'est toujours l'histoire d'un échec » mesure l'écart entre les aspirations d'un doux rêveur (peuplées de voyages et de stabilité) et la réalité (telle cette vue dégagée sur les toits qui lui « évoque douloureusement la perspective prometteuse qui [lui] fut un temps ouverte »).

Hugues

Extrait p. 27 :

« L'hydre à deux têtes, l'une qui souriait [le père], l'autre qui pleurait [la mère], m'apparaissait soudain bien inoffensive. J'ignorais que la distance n'empêcherait en rien son ingérence. Le grain de sable était déjà dans le mécanisme que j'avais patiemment assemblé durant des années, depuis l'instant où la vie dont je rêvais avais pris forme dans mon imagination enfantine jusqu'au bouclage de ma valise la veille de mon départ. »

p. 60 : A propos du chef du bureau des pays en voie de création/section Europe de l'Est et Sibérie

« Le bateau n'était pas sans capitaine à bord, ce qui eût été plus facile, mais naviguait avec un capitaine qui mettait le cap sur les récifs tandis que l'équipage manœuvrait discrètement pour les éviter. »

13 octobre 2016

Jean-Claude Mourlevat, Anne-Laure Bondoux, Et je danse aussi

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Pocket, 6,95€

« Et je danse aussi » est un roman épistolaire 2.0 à l'heure d'Internet. Un formidable roman.

Le lecteur découvre au fil des pages la correspondance électronique d'un écrivain qui n'écrit plus (et surtout pas aux fans trop pressantes) et une fan trop pressante qui lui a envoyé une grosse enveloppe intrigante.

Il commence par lui écrire qu'il ne lui écrira pas et ils finissent par s'écrire comme on se soigne, comme on soigne.

Rapidement, on tourne les pages comme on ouvre des mails tant attendus, avec la même urgence qu'ils ont à s'écrire. Le roman semble alors se faire sous nos yeux dans un jeu de question-réponse où tant de questions restent sans réponses (« les poussins égarés ») par oubli ou parce qu'ils ne sont pas prêts.

On découvre tous les personnages par effraction à travers leurs mails mais on voit surtout la complicité se tisser, la suspicion et la peur s'évaporer et le vent reprendre ses tours.

On se passionne pour cet homme et cette femme blessés, « pétrifiés », deux personnages VIVANTS qui parlent de nous en nous parlons d'eux, pour les majuscules pleines de vie, pour les parenthèses, les points de suspension, tous ces poussins perdus qu'on ne rattrapera jamais, pour les histoires surtout et la manière dont on les raconte.

Drôle et émouvant. Un régal.

Hugues

 

12 octobre 2016

Jean-Claude Lalumière, Ce Mexicain qui venait du Japon et me parlait de l'Auvergne

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Arthaud, 17€

VOYAGE EN DRÔLERIE

Le héros, Benjamin Lechevalier, n'aurait peut-être pas dû répondre à cette petite annonce pour devenir « Chargé de l'accroissement du rayonnement extérieur de la Cité de l'Air du Temps » afin d'engager le pays sur les rails de la Modernité. Mais heureusement pour le lecteur, il l'a fait !

Toujours avec les mêmes ingrédients que dans ses trois premiers romans, multipliant les quiproquos, Jean-Claude LALUMIERE transforme les travers de notre société en sourires grâce à un humour tendre et mordant.

Il croque (mord) ici le monde du tourisme comme dans son 2ème roman (après l'administration et le monde de l'art) et signe une satire en jouant (il joue beaucoup avec ses personnages qu'il ne ménage pas) sur le décalage entre les attentes de son héros qui rêvait de « partir vers l'inconnu et de se laisser surprendre » et la réalité.

De transports en commun en transports amoureux, le narrateur vit, comme à chaque fois avec LALUMIERE, ses premières expériences dans le monde du travail comme « un échec, une sanction, un transfert sur le Front russe » (titre de son 1er excellent roman).

JAMAIS DANS LA DÉPLORATION ET TOUJOURS RÉJOUISSANT.

EMBARQUEZ IMMÉDIATEMENT !

Tendre et mordant. Tordant.

 Hugues

 

L'AUTEUR SERA A LA LIBRAIRIE JEUDI 3 NOVEMBRE A 18H !

05 octobre 2016

Leïla Slimani, Une chanson douce

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Gallimard, 18€

UNE EXPÉRIENCE DE LECTURE SOUS TENSION PASSIONNANTE

Le lecteur commence cette Chanson douce sans se méfier et c'est un uppercut qui l'accueille dès les premières lignes : deux enfants sont assassinés par leur nounou.

Et pourtant, impossible, dès lors, de lâcher la description des relations d'abord parfaites entre Louise qui semble sortie d'un conte de fées et ses employeurs, deux « bobos » en pleine réussite qui lui abandonnent de plus en plus de tâches. « Ils réagissent comme des enfants gâtés, des chats domestiques » sacrifiant leur liberté à leur confort.

Un début aussi tragique rend toute la suite indispensable, passionnante. On traque alors, impuissant, la boule au ventre, les signes annonciateurs du déraillement grâce aux informations distillées çà et là.

On découvre des relations perverses, "habitées de pensées accusatrices puis de culpabilité", où chacun profite de l'autre, où chacun dépend de l'autre.

Sadisme, hypocrisie, espoirs déçus et non-dits servent de toile de fond à ce conte cruel qui propose une critique froide et violente d'une société froide et violente.

UN THRILLER DOMESTIQUE GLAÇANT ET EXCEPTIONNEL

Hugues

 

14 septembre 2016

Songe à la douceur, Clémentine BEAUVAIS

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Sarbacane, Coll. Exprim', 15,50€

ET SI VOUS RECROISIEZ VOTRE ADOLESCENCE ?

Que faire des braises du passé ?

S'y réchauffer ? S'y bruler* ?

S'enflammer dans tous les cas...

Voilà ce qui arrive aux deux personnages très attachants de cette réécriture du roman et de l'opéra Eugène OUNÉGUINE.

Malgré ce carcan, Clémentine BEAUVAIS fait preuve d'une liberté enivrante et fait palpiter les mots tout autant que les cœurs.

Ses phrases légères, virevoltantes, sans jamais être creuses, ses vers libres et une typographie expressive rendent parfaitement compte des changements de rythmes propres aux histoires d'amour.

Grâce à un style inventif permanent, l'auteur réactualise les aventures du cynique Eugène et de la rêveuse Tatiana avec cette romance 2.0 qui se tisse à l'époque de Facebook, Skype et des SMS capables de rendre omniprésent l'absent. Il avait le dessus. Il ne l'a plus quand ils se retrouvent 10 ans après...

On suit ces deux héros comme on regarde un funambule dans le ciel en se demandant, avec l'auteur, si on a déjà vécu ou si on vivra un jour qui nous résume.

UN LIVRE PASSIONNÉ, PASSIONNANT, ÉMOUVANT, ÉRUDIT.

                                                                                                      UN TOURBILLON DE MOTS ET DE SENTIMENTS

Hugues

* orthographe rectifiée (1990)